Qalqilya north terminal

April 21, 2009

This is what the Palestinians working in Israel have to go through every morning.  Qalyilya terminal opens at 4am, by that time several hundreds of workers are already waiting outside, no matter if it is raining or freezing cold, they desperatly need to be on the other side at 6am.  The terminal usually opens only at 4:30, because the soldiers are late or, as one of the worker told me the other day, because ” they want to kill us slowly”. What happens then is that the queue breaks down as everyone is desperate to run inside the unique turstyle to get into the terminal. At that point, the women and the old men retreat, the wait for one or two hours and if the situation does not become better, they sometimes just go back home and loose their day of work.

Last morning I was there, the soldiers threw tear gaz at the people waiting. I had lots of pictures of that but the soldiers conficated my camera and forced me to delete all of them.


The town of Azzoun is being encircled by the segregation barrier

April 21, 2009

03.04.09.

The 2nd of December 2008, a military order was given to build a new barrier in Azzoun, alongside the road 55 from Izbit at Tabib to the illegal Israeli settlement of Maale Shomeron. The reason given by the civil administration of Israel was that people were throwing stones at settlers’ cars on this road. However, the inhabitants of Azzoun were promised that the entrance of their town will remain open and that gates will enable the farmers to cultivate their lands.

Map Azzoun

legend

The 17th of march 2009, the Israeli army invaded Azzoun in the evening, declared a curfew and blocked the entrance of the town leading to the road 55 as well as two others roads leading to surrounding villages. A few days later they started to work on the new barrier. Azzoun which is already surrounded by the separation wall on its northwest and southeast sides is going to be strangled completely. This new separation wall is going to isolate farmers from their land rendering their access too difficult, long and expensive. Until today the entrance of the town remains blocked, severely restricting the freedom of movement of the inhabitants of Azzoun and the surrounding villages.

Wall in construction

Road block entrance of Azzoun

 

 


Le centre communautaire de Jayyous / Jayyous charity centre

March 22, 2009

La situation actuelle à Jayyous et ses effets sur les enfants du village

english text below

Les gamins couverts de peinturePlusieurs facteurs liés à la situation difficile de Jayyous affectent directement les enfants :

• A cause de la construction de la barrière de séparation les enfants qui avaient l’habitude de jouer dans les champs près des fermes ont perdu leur terrain de jeu.

• Pour essayer de répondre à ce besoin, UNICEF à crée une place de jeu près du bâtiment communal mais il est fermé maintenant. Parce que les soldats Israéliens peuvent entrer dans le village a n’importe quel moment, les parents étaient trop soucieux de laisser leurs enfants aller jouer dans ce terrain de jeu.

• Il existe bien des places de jeu à Qalqilya, la ville la plus proche, mais le trajet coute cher, emmener les enfants dans ces places de jeux reste donc un luxe que la plupart des habitants de Jayyous ne peuvent pas s’offrir. Ceci sans parler des checkpoints à passer pour accéder à Qalqilya.

En conséquence, les enfants se sentent piégés à Jayyous sans vraiment de moyen de s’amuser avec leurs camarades. La situation économique du village étant très difficile, la préoccupation des parents est de pouvoir nourrir leurs enfants ce qui fait parfois oublier l’importance de la récréation. Depuis le mois de novembre 2008, les habitants de Jayyous se sont mobilisés pour manifester contre la barrière de séparation chaque vendredi. La violence de la répression de ces manifestations à des conséquences dramatiques sur les enfants du village. En effet, chaque vendredi, pour réprimer les manifestants, de nombreux soldats Israéliens envahissent le village, jetant des bombes lacrymogènes, n’hésitant pas parfois ouvrir le feu de façon aléatoire et transformant des maisons en poste militaires. Depuis lors, les parents sont contraints de garder les enfants à l’intérieur chaque vendredi, sachant que même ainsi ils ne sont pas à l’abri de la folie des soldats. Les enfants qui avaient pour habitude de se réjouir de ce jour de congé le considèrent aujourd’hui comme une punition ; le jour ou ils sont enfermés a la maison et sont empêchés de jouer avec leurs camarades.

Le centre communautaire de Jayyous

Le centre communautaire est une association dont tous les habitants de Jayyous peuvent faire partie. Il a été crée en 1982 avec le soutient de différentes ONG’s ainsi que d’amis à l’étranger. Le but était de créer un espace pour rassembler les habitants de Jayyous. Voici quelque uns des projets qui y ont été développés : Une des classe du jardin d'enfants

• Un jardin d’enfants.

• Un lieu de rencontre ou il est possible de discuter des problèmes et des questions relatives à la vie du village.

• Un centre d’informatique spécialement destiné aux femmes et aux hommes âgés pour leur donner une chance de développer des compétences en informatique.

• Des cours de conversations d’anglais.

• Des séminaires destinés aux femmes abordant des sujets particuliers (santé relative à la maternité, droits des femmes…

• Un club de sport.

• Une salle de bodybuilding (exploitation privée).

• Une réserve de matériel spécialisé destinés aux personnes accidentées ou handicapées (béquilles, chaises roulantes…) distribué en cas de besoin.

Le centre communautaire est en partie financé par la location d’une salle pour des mariages et par les frais d’écolage pour le jardin d’enfants. Toutefois, du moins tant que tous les crédits ne sont pas remboursés, la survie du centre communautaire dépend des donations. Le projet principal pour l’avenir proche est le développement du jardin d’enfants. Une proposition a également été faite afin d’obtenir une pièce avec du matériel vidéo et des ordinateurs.

Le rôle du centre communautaire dans l’amélioration de la qualité de vie des enfants de Jayyous, un exemple avec le projet «butterfly »

Palestinian flag

L’idée de ce projet à germé à force d’expérience et d’écoute des familles du village, des parents de jeunes enfants. Leur première initiative à été d’organiser une journée spéci

ale destinée aux enfants, pour leur donner l’occasion de s’amuser, de dessiner, peindre. Cette journée à eux beaucoup d’échos positifs mais elle à également été l’occasion de détecter des troubles du comportement chez certains enfants. Il est apparu que certains enfants peinaient à s’intégrer, à sociabiliser av

ec leurs camarades et qu’ils nécessiteraient l’intérêt de spécialistes. Après discussion avec les parents de ces enfants ainsi qu’avec leurs instituteurs, il est apparu qu’ils rencontraient des difficultés en classe. Le cas de M. est révélateur ; son institutrice raconte que pendant la classe il peine à se concentrer sur les leçons, il dérange sans cesse ses camarades des class

es en parlant des soldats. Il semble obsédé par la présence de l’armée dans le village. Ce cas ainsi que d’autres cas similaires ont révélé la nécessité de porter une attention particulière aux souffrances qu’endurent les enfants du village. Le projet « butterfly » est né à Jayyous en réponse à ce besoin.

Le projet « butterfly »

Kids drawing military jeeps

Le projet butterfly est un programme technique pour les traitements individuels ou des groupes. Il est spécialement adapté dans les cas d’enfants traumatisés. Il a débuté à Jayyous en collaboration avec l’association YMCA qui est active dans le soutien psychologique de personnes qui font face à une situation difficile. Le but du projet est de donner l’occasion à ces enfants de pouvoir exprimer leurs peurs. La peinture est utilisée comme un outil,

les dessins d’enfants reflétant leurs émotions, leurs angoisses. Des spécialistes travaillent avec les enfants pour les aider à parler des peurs exprimées dans leurs dessins. Au début les enfants sont suivis en groupes pendant plusieurs séances. Selon les besoins certains enfants sont ensuite suivis individuellement. Des spécialistes soutiennent également les familles de ces enfants en leur donnant des conseils. Les parents ont eu une réponse très positive face à ce programme et il suscite beaucoup d’intérêt. Ce projet est un projet de longue haleine, un seul groupe d’enfants à été suivi pour l’instant et une nouvelle journée au centre communautaire est prévue afin de détecter d’éventuels besoins chez d’autres enfants.

Si vous connaissez quelqu’un qui serait succeptle de soutenir financièrement le centre commuanutaire merci de me contacter: cindy.zahnd@gmail.com

Jayyous charity centre

The current situation in Jayyous and its effects on the children of the village

Several factors linked with the difficult situation of Jayyous are affecting directly the children:

• Because of the construction of the separation barrier, the children who used to play in the fields near the farms have lost their playground.

• To try and meet this need, UNICEF created a playground near the municipality but it is closed now. Because the soldiers can enter the village at any time, the parents were too worried to let their children play on this playground.

• There are playgrounds in Qalqilya, the nearest town, but the journey is expensive, bringing the children to theses playgrounds is a luxury that most of the families in Jayyous can not afford. This is without speaking about the checkpoints to pass in order to reach Qalqilya.

In consequences, the children feel that they are trapped in Jayyous without any real way of playing with their friends. The economical situation of the village being difficult, the first preoccupation of the parents is to be able to feed their children as a priority ahead of recreation. Since November 2008, the inhabitants of Jayyous were mobilised to demonstrate against the separation barrier every Friday. The violence of the repression of theses protests has dramatic consequences on the children of the village. Every Friday, in order to repress the protesters, a big number of Israeli soldiers invade the village, throwing tear gas, not hesitating sometimes to open fire in a random way and transforming houses in military outposts. Since then, the parents are constrained to keep the children inside every Friday, knowing that even that way they are not protected from the soldiers. The children who used to look forward to this day off are now considering it as a punishment; the day they are locked inside the house and are prevented from playing with their friends.

Jayyous charity centre

The charity centre is an association in which any of the inhabitants of Jayyous can take part. It was created in 1982 with the support of several NGOs as well as friends abroad. The goal was to create a space to bring the inhabitants together. Here are listed some of the projects that were developed there:

• A kindergarden.

• A meeting place where it is possible to discuss problems and issues relative to the life of the village.

• A centre specially dedicated to women and elderly men to develop skills in IT.

• English conversation classes.

• Seminaries dedicated to women talking about particular subjects (maternity health, women’s rights…).

• A sport club.

• A bodybuilding room (private letting).

• A reserve of specialized material dedicated to injured or handicapped people (crutches, wheelchairs…) distributed if needed.

The charity centre is partly financed by the renting of a wedding hall and by the fees for the kindergarten. Even with this, there is a funding gap which should be temporary and at least for the moment the survival of the charity centre depends on donations. The principal project for the near future is to develop the kindergarten. A proposition was also made to create an IT room with video material and computers.

The role of the charity centre in the improvement of the children’s quality of life in Jayyous, an example with the “butterfly project”

The idea of this project came with experience and after listening to the families in the village, the parents of young children. Their first initiative was to organize an open day dedicated to the children, to give them the chance to play, to draw, to paint. That day has had a lot of positive echoes but has also been the occasion to detect behavioural disorders in some children. It appears that some children were struggling to integrate, to socialize with their schoolmates and that they would require the interest of specialists. After discussion with the parents of these children as well as with their teachers, it appears that they were having difficulties in class. For example in the case of M : his teacher tells that during the class he cannot concentrate on his work, he is disturbing his classmates and talking about soldiers. He seems obsessed by the presence of the army in the village. This case as well as others have shown the need to pay particular attention to the sufferings of the children in the village. The “butterfly project” was born in answer to this need.

The butterfly project

The project butterfly is a program for individual or group treatments. It is specially adapted in the cases of traumatised children. It started in Jayyous in association with YMCA which is active in the psychological support of persons facing a difficult situation. The goal of the project is to give these children the opportunity to express their fears. The painting is used as a tool, the children’s drawings reflecting their emotions. Specialists are working with the children to help them to talk about the fears expressed in their drawings. In the beginning the children are followed up in groups during several meetings. Depending on the needs some are then followed individually. Specialists also support the families of these children, giving them advice. There has been a very positive response from the parents to this project. The project is a long term one, only one group of children has been followed so far and a new open day is planned in the charity centre in order to detect eventual needs in other children. Recollected from an interview with Waleed Mousa, responsible for the charity centre in Jayyous

The charity centre of Jayyous needs financial support. If you are interested in supporting this project, if you know anyone who might be interested or if you want more information, please contact me: cindy.zahnd@gmail.com

Update:

The 22nd of March we were invited to participate in an open day organised by the Red Crescent in the Charity Centre of Jayyous. The volunteers installed big pieces of paper on the floor in the yard and the children were given painting. The kids really seemed to enjoy it and soon the pieces of paper as well as the kids’ hands and everything they touched was full of colours, including my face. We were blowing balloons, the mood was very cheerful and Jayyous seemed at that very moment a very happy place like any others in Europe. It was only when we started to look at what the children had drawn that we realised that even in such a tranquil day life in Jayyous cannot be compared to our lives back in Europe. The wall, the jeeps, the soldiers, a soldier pointing his gun at someone lying on the floor with a patch of red color on him. Chilrdren drawing jeeps, soldiers and dead bodies


Désobéissance civile au gout de liberté / Civil disobedience – to be free

March 12, 2009

English text below

Vielle ville de NablusSamedi passé je rentrais à Jayyous après une semaine passée en Israel avec mes collègues. Avec deux amis de Jayyous, on a décidé de se retrouver à Nablus pour passer la journée ensembles, loin de Jayyous et tous ses problèmes. La première chose que j’ai faite en arrivant c’est quelque chose dont il faudra que je me déshabitue vite en rentrant en Suisse : j’ai confié toutes mes affaires, y compris deux ordinateurs portables, au propriétaire du premier magasin devant lequel je suis passée. Le seul truc dont j’avais peur c’était de ne pas être capable de retrouver ce magasin le soir pour récupérer mes affaires.

J’ai attendu mes amis en mangeant un knafi, une spécialité palestinienne, certainement un des trucs les plus sucrés que j’aie jamais mangé, j’adore ! On s’est ensuite promenés dans la vielle ville et ses échoppes colorées. La vielle ville de Nablus est connue pour être le centre de la résistance palestinienne et même si ses habitants sont accueillants, les étrangers restent suspects à leurs yeux et ils refusent souvent de se laisser photographier. On a ensuite écumé différents endroits ou fumer le narguilé, j’arrive maintenant à faire des ronds de fumée. Je ne me souviens plus combien de narguilés on a fumé mais ce dont je me souviens c’est qu’on a raté le dernier bus et c’est sur que je ne suis pas prête d’oublier le trajet de retour en taxi. On est montés tous les trois à l’arrière du taxi et on a démarré en trombe, la musique à fonds. Pour sortir de Nablus il faut passer par le checkpoint de Beit Iba, un des nombreux endroits en Cisjordanie contrôlés par l’armée Israélienne. C’est comme de passer une frontière en Europe et selon l’humeur des soldats ça peut prendre plus ou moins de temps. Quand il à vu la longue colonne de voitures qui attendaient pour le contrôle, notre chauffeur de taxi à accéléré à fonds et est passé sur la piste de gauche, réservée à ceux qui entrent dans la ville, les soldats n’ont rien pu faire pour l’arrêter. On à commencé à applaudir, la musique était toujours a fonds, le chauffeur de taxi a commencé à danser en conduisant avec les genoux en roulant toujours aussi vite. L’euphorie, l’impression qu’on va mourir bientôt et que ce n’est pas grave. Merci pour ce moment de folie, de nous avoir fait croire pour un instant qu’on est libres. Un moment de folie, la sensation de liberté. Se moquer des soldats et de l’occupation en dansant dans un taxi !

Chauffeur de taxi dansant

 

Civil disobedience – to be free

On Saturday, I was coming back to Jayyous after having spent a week in Israel with my colleagues. I decided to spend the day in Nablus with two of my friends from Jayyous, far from the village and all its problems. The first thing that I did when I got there is something that I’ll have to quickly un-learn when I get back to Switzerland: I left all my luggage – which included two laptops – with the proprietor of the first shop I passed. The only thing I was worried about was whether I’d be able to find the shop in the evening to collect my stuff.

While I waited for my friends, I treated myself to a knafi, a Palestinian specialty, certainly one of the sweetest things I’ve ever had – and I love it! With my friends, I toured the old city and its colourful boutiques. The old town of Nablus is known as the centre of the Palestinian resistance and even though the inhabitants are welcoming, they do regard strangers with a certain amount of suspicion and often refuse to let themselves be photographed. We then checked out different places [of interest] and smoked the hookah – I can now actually make smoke rings! I don’t remember anymore how many hookahs we must have smoked but what I do remember is that we missed the last bus and what I will certainly never forget is the journey home in the taxi. All three of us piled into the back of the taxi and off we went, the stereo at full volume. To leave Nablus, one has to pass the checkpoint at Beit Iba, one of the numerous places in the West Bank controlled by the Israeli Army. It’s a little like crossing an international border in Europe and depending on the mood of the soldiers, it can take more or less time. But when he saw the long column of cars waiting for the inspection, our taxi driver hit the gas and shifted out on to the left side of the road, intended for those entering the city. The soldiers couldn’t do a thing to stop him. We started to clap and cheer, the music was still at full volume and the taxi driver started to dance, steering the car with his knees as it hurtled on at full speed. The euphoria, the feeling that we were going to die soon and that it didn’t matter all that much – I’m grateful for this moment of madness that let us believe for an instant that we were free. A moment of madness, the feeling of freedom – we mocked the soldiers and the occupation as we danced in a taxi!

Translation: Amanullah Kariapper



New Profile

March 8, 2009

militarized-societyIt is part of our program during our 3 months stay in Palestine to spend 1 week in Israel. I have to say I was pretty upset having to leave Jayyous but it was worth because it gave us the chance to meet really interesting Israelis people. One of them is a woman who created an association named new profile. She came to Israel as a Zionist, strongly believing this was the place for her to be and not questioning what was happening until her 15 years old son told her “Mum, I am a pacifist, I can not serve in the army” after sawing a documentary about the first intifada. That put her in a rather difficult situation knowing that in Israel if you are not an orthodox Jew neither a Palestinian you must serve in the army or you will be jailed. She decided to stand with her son, she hired a lawyer, went to the high court and after several years of struggle she finally succeeded and her son’s was recognised the right of consciousness objection. She decided after that to create an association called New Profile to change the military legal system to allow for conscientious objection but also to change mindsets within the Israeli society. She explained us how every parents educate theirs children in order to become soldiers, because it seems natural for them, even though many of them profoundly disagree with Israel’s politics of war. To encourage Israelis citizens to question themselves about the militarisation of their society the volunteers of New Profile have created a photo exhibition showing how the military is present in their everyday life. Astonishing! From a monument in a roundabout to commercials for medicine, mobile phones, you find soldiers and bulldozers everywhere, including the children’s colouring books.

You can see the exhibition here:

http://www.newprofile.org/images/exhibition/exhibition-extracts-militarized-environement2english.pdf

This is a picture I took while walking around Akka, Gallilea, in Israel.

 

 


Pendant la nuit du 17 au 18 février 2009, l’armée Israélienne a envahit le petit village de Jayyous au nord de la Cisjordanie / During the night of the 17th to 18th of February, the Israeli army invades the village of Jayyous

February 27, 2009

English text below

Bandeaux trouvé dans une salle de classe après le départ des soldats. Photo: ISM« Mon fils de 17 ans à été arrêté à 2 heures du matin. Plus de 15 soldats sont entrés de force dans la maison, ils l’ont menotté et lui ont bandé les yeux. Ils l’ont emmené dans le bâtiment de l’école pour l’interroger. Depuis il est détenu en Israël dans un lieu inconnu, on a aucune nouvelles de lui. » A.S.

« Ils sont entrés au milieu de la nuit, ont fouillé dans toute la maison et sont montés sur le toit. Je suis monté pour voir ce qui se passait, après cela je ne me souviens plus de rien.                                                         M.S. montrant ce que les soldats lui ont fait subir M.S.

Neuf soldats l’ont porté dans la chambre à coucher, il était inconscient, l’un d’entre eux l’a frappé dans l’estomac. Un soldat lui a fait une injection intraveineuse, il a commencé à saigner beaucoup. Ils ont appelé le médecin de l’armée mais il ne pouvait rien faire de plus. 3 heures plus tard ils ont finalement appelé l’ambulance.» M.S.’wife

« Il était 8 heures du matin quand les soldats sont entrés chez nous pour nous arrêter mon frère et moi. Ils nous ont bandé les yeux, mis des menottes et emmenés dans le bâtiment de l’école ou étaient déjà détenus plusieurs dizaines de jeunes du village. Au bout d’un moment ils m’ont emmené dans autre pièce ou j’ai été interrogé. Le capitaine m’a demandé si je voulais travailler pour eux, menaçant de retirer à mon père son permit de travail (il travaille en Israel). Je lui ai répondu qu’ils m’ont déjà tiré dessus la semaine dernière, qu’ils pouvaient me tuer si ils voulaient mais que jamais je ne les aiderais. » M.

«Au bout d’un moment je ne pouvais plus supporter la position avec les mains attachées dans le dos. J’ai crié pour demander qu’on me détache. Quand le soldat à détaché les menottes, je suis tombé par terre en avant. Puis ils m’ont emmené dans une autre pièce, là j’ai été interrogé par 5 capitaines différents. » M.K.

«Un capitaine m’a interrogé il m’a posé des questions sur ma famille, mes enfants. Lorsqu’il m’a demandé quel est mon rêve je lui ai répondu que je rêve de la fin de l’occupation et de vivre en paix. Pendant ce temps dans notre maison tous les membres de la famille ont étés forcés dans une pièce, y compris mes enfants Alaa(6), Abed (4) and Adnan (3). Ils ne les ont pas autorisés à sortir de cette pièce, pas même pour aller aux toilettes. Ils ont fouillé partout dans la maison et ont volé 450 Shekels dans un sac. Environ 20 soldats ont occupé la maison, de 2h30 jusqu’à 7h du matin. Certains ont dormi dans nos lits.» A.K.

« Ils ont lancé des bombes sonores dans la maison et ont volé un album avec des photos de famille. » S.S.

« Mon frère et moi avons étés arrêtés emmenés dans le bâtiment de l’école. Après m’avoir interrogé ils ont attaché mes mains et mes jambes ensembles, un soldat m’a poussé par terre et m’a donnée des coups de pieds. A.K. Quand j’ai entendu mon frère crier j’ai commencé à leur crier d’arrêter de frapper mon frère. Un soldat est venu derrière moi, il a pointé un couteau dans mon dos, me menaçant de me tuer si je ne me taisais pas. Le soldat qui battait mon frère est ensuite venu vers moi et a commencé à me frapper, je suis resté silencieux. » E.K.Maison occupée par les soldats Israéliens

« Ils ont forcé toute la famille à rester dans une pièce pendant qu’ils occupaient toute la maison. Ils sont montés sur le toit et y ont hissé des drapeaux Israéliens. Ils ont occupé la maison de 2h du matin jusqu’à 7h le soir suivant. » M

Extraits des quelques témoignages que mon ami Noor et moi avons récoltés après le 18 février à Jayyous, cette nuit la, les troupes Israéliennes ont envahit le village, de nombreuses maisons ont été occupées et utilisées comme des bases militaires. Des familles avec des enfants ont étés forcés de rester dans une pièce pendant que les soldats fouillaient leur maison. Environ 80 hommes ont été arrêtés et ont étés conduits jusqu’au bâtiment de l’école menottés et les yeux bandés. Là ils ont étés interrogés pendant des heures, beaucoup ont étés maltraités. Certains ont étés relâchés dans l’après-midi, d’autres ont été emmenés en Israël dans des lieux inconnus, on a aucune nouvelles d’eux. Apparemment cette opération aurait été menée pour décourager les manifestations hebdomadaires contre la barrière de séparation qui ont lieu à Jayyous chaque vendredi. Les habitants de Jayyous sont épuisés, ils passent la plupart de leurs nuits sur le toit de leur maison à guetter l’entrée de soldats dans le village. Quand ils s’endorment c’est avec la menace qu’on envahisse leur village, leur maison, qu’on terrorise leurs enfants. Malgré cela ils continuent de manifester, malgré la violence de la répression, malgré le fait que plusieurs d’entre eux se soient fait tirés dessus durant les dernières manifestations. Ils n’ont peur de rien, un peu comme si ils n’avaient plus grand-chose à perdre, et puis leur combat, ce n’est pas seulement pour leur village qu’ils le mènent, mais pour toute la Cisjordanie, pour tous les peuples opprimées, pour les oppresseurs aussi. « Tous ceux qui préfèrent la paix à la puissance et le bonheur à la gloire devraient remercier les peuples colonisés de leur mission civilisatrice. »  Parce que leur résistance rend leurs oppresseurs « un peu plus modestes, moins racistes et plus humains. »*

Quand les soldats sont entrés dans leur maison au milieu de la nuit, Abed me raconte que sa femme leur a demandé « Qu’est-ce que vous voulez, un thé, un café ? ».

* Jean Bricmont dans Impérialisme Humanitaire.

During the night of the 17th to 18th of February, the Israeli army invades the village of Jayyous

“At 2am, more than 15 soldiers entered our house by force and arrested my son.. Since then he is detained in Israel, we do not have any news from him.” A.Q.

“9 soldiers were carrying my husband down the stairs, he was unconscious. One of then beat him in the stomach.” M.H.

“They blindfolded and handcuffed my brother and me and brought us to the school building for interrogation. When the captain asked me whether I would work for them I told him that they already shot me in the arm 2 weeks ago, that they can kill me if they want but I will never help them” M.

“They occupied my house during the all night, some of them slept in our bedrooms” A.K.

“When I heard my brother shouting I started shouting at them to stop beating my brother. A soldier came beside me, he pointed a knife in my back, threatening me to kill me if I did not stop shouting” E.K.

“They went up on our roof and deploy Israeli flags. They used our house as an outpost from 2am till 7pm the following evening” M.

Theses are extracts of the few stories we have recollected from the families in Jayyous after the 18th of February. That night, the Israeli troops invaded the village, many houses were occupied and used as military outposts. Families with children were forced to stay in one room while the soldiers were messing everything up in their houses. About 80 men were arrested and brought to the school building blindfolded and handcuffed. They wee there interrogated during several hours; many of them received hill treatments. Some were released in the afternoon, others were brought to Israel in unknown locations, we do not have any news from them. Apparently this operation was held to discourage the weekly protests against the separation barrier that take place in Jayyous every Fridays. The inhabitants of Jayyous are exhausted, they spend theirs nights on the roof of their house watching out for the entry of soldiers in the village. When they go to sleep it’s with the threat that one would invade their village, their house, that one would terrorise their kids. Despite all of this they keep on protesting, despite the violence of the repression, despite the fact that several of them were shot during the lasts demonstrations. They fear nothing, like if they did not have anything to lose anymore, they struggle, not only for their village, but for all the West Bank, for all the oppressed, for the oppressors as well. “All of those who prefer the peace than the power and the happiness than the glory should be thankful to the colonized people for their civilizing mission.” Because their resistance renders theirs oppressors “more modest, less racists and more human.”*

When the soldiers entered their house in the middle of the night, Abed tells me that his wife asked them “What do you want, some tea, coffee?”

*Jean Bricmont in Imperialisme Humanitaire (in French)

Translation: Amanullah Kariapper


18.02: L’armée Israélienne envahit un village au nord de la Cisjordanie, déclare un couvre-feu et procède à des arrestations en masse.

February 24, 2009

English text below

Army occupying the school yard

On est le18 février 2009, il est 4 heures du matin, je viens de rentrer chez moi, il n’y a rien qu’on puisse faire excepté raconter ce qui se passe ici. Je suis à Jayyous, village de 4000 habitants au nord de la Cisjordanie. L’armée Israélienne à envahit le village, ils ont arrêté 15 personnes, la plupart des mineurs. Mon voisin m’a appelée pour me prévenir, il est au courant parce qu’il passe la nuit sur le toit de sa maison à observer ce qui se passe. Comme tous les habitants de Jayyous il ne dort plus la nuit, il a trop peur que les soldats entrent dans sa maison pour l’arrêter. Avec mon collègue on est sortit dans la rue, il y avait 6 jeeps, plus d’une vingtaine de soldats. Ils ont jeté des bombes soniques. Ils sont entrés dans les maisons du voisinage, sont ressortit avec des jeunes garçons à qui ils avaient bandé les yeux. Ils les ont fait s’agenouiller par terre face contre le mur. Puis ils les ont emmenés dans des jeeps blindées. Les soldats on refusé de nous dire ou ils les emmenaient. Ils ont refusé de nous laisser entrer dans les maisons. On essayé de prendre des photos mais quand ils ont pointé leur fusil sur nous en nous disant de rentrer on est partit. J’ai relevé le numéro des jeeps, téléphoné à des ONG, c’est inutile, eux aussi sont impuissants. J’entends les hauts parleurs, ils annoncent en arabe que c’est un couvre-feu. Waleed m’appelle, six nouvelles jeeps viennent d’entrer dans le village, ils continuent d’entrer dans les maisons, d’arrêter des villageois. Il y a aussi une ambulance de l’armée mais on ne sait pas ce qui s’est passé.

C’est le levé du soleil, l’appel à la prière de la mosquée du village se mêle au son des hauts parleurs annonçant le couvre-feu. Quand j’ai demandé à Waleed ce que je peux faire il m’a répondu «Témoigner, raconter au monde ce qui se passe ici».

 

Il est 7h du matin, ils ont maintenant arrêté 23 personnes. Les soldats entrent dans toutes les maisons, prennent des photos des habitants avec leur carte d’identité. Ils cartographient l’intérieur des maisons. Ils sont entrés avec des bulldozers et ont bloqué toutes les routes menant au village. Les soldats occupent l’école du village.

Il semble qu’ils soient entrain d’implémenter une nouvelle stratégie depuis ces derniers jours. Ils ont déjà utilisé ces procédés dans plusieurs villages du nord de la Cisjordanie. C’est vraiment horrifiant de voir de si près comment fonctionne l’ignoble machinerie de l’occupation.

8h : les personnes qui habitent près de l’école disent que les détenus sont emmenés dans l’école. Avec mon collègue on va essayer d’aller voir ce qui se passe.

10h : on a pu accéder a l’entrée de l’école, je compte 9 jeeps de l’armée, 2 des énormes jeeps hummer et 2 jeeps de la police mais plusieurs jeeps arrivent encore. Je n’arrive pas à compter les soldats, ils sont trop nombreux. Des soldats arrivent à pied avec des jeunes menottés, les yeux bandés. Un soldat m’explique qu’ils les interrogent dans l’école. Les soldats nous demandent de rentrer, déclarent que c’est une zone militaire fermée. On demande à voir le document de la police stipulant que c’est une zone fermée, on a le droit de demander ça, ils le savent. Un soldat appelle la police pour nous, il confisque nos passeports. On commence à avoir peur de se faire arrêter nous aussi. On reste plantés la pendant 1 heure environ en attendant qu’on nous rende nos passeports, pendant ce temps on voit arriver une vingtaine de jeunes escortés par des soldats. On voit aussi des jeeps partir avec des détenus. On n’arrive pas à obtenir d’informations sur l’endroit ou ils sont emmenés. Finalement la police arrive et nous montre un document en hébreu, il est bien daté du 18.02, c’est tout ce qu’on puisse vérifier. Considérant le fait qu’ils acceptent qu’on le prenne en photo il est probablement authentique. Cette fois quand ils nous demandent de rentre chez nous on ne discute pas plus et on part. Au moins 40 personnes sont détenues maintenant, certainement beaucoup plus en fait mais c’est difficile à évaluer.

 

18h : le village est toujours sous ordre de couvre-feu. Les jeeps tournent en rond, les hauts parleurs annonçant en arabe que le couvre-feu est toujours de vigueur. On voit des bulldozers passer dans la rue devant chez nous. Il parait que l’école est maintenant vide, certains détenus ont été relâchés, d’autres évacués vers Israël dans des lieux tenus secrets.

20h : on voit les voisins sortir dans la rue, le couvre-feu est levé mais seulement jusqu’à 22h, après ça il sera en vigueur toute la nuit a nouveau. La nuit passée dans une partie du village les soldats sont entrés systématiquement dans chaque maison et ont arrêtés leurs habitants. On a peur qu’ils continuent leur besogne cette nuit et envahissent les maisons de notre voisinage. Nos voisins sont épuisés, personne n’a dormi depuis la nuit passée.

C’est jeudi matin, il est 9 heures, tout le monde attendait avec angoisse le retour des soldats mais il semble qu’ils aient quitté le village. Les routes sont à nouveau ouvertes. Alors pourquoi ont-ils annoncé que le couvre-feu serait effectif tout la nuit ? Peut-être uniquement pour empêcher les hoccupyied school buildingabitants de Jayyous de dormir cette nuit encore, pour leur rappeler qu’ils vivent sous l’occupation et que ça signifie qu’ils doivent s’endormir chaque soir avec la menace d’une nouvelle invasion. C’est même pas comme si on était soulagés qu’ils soient partis, c’est juste un peu de répit jusqu’à la prochaine fois. Et le répit sera de courte durée, demain c’est déjà vendredi et pour réprimer les manifestations qui ont lieu chaque vendredi contre le mur de séparation l’armée Israélienne déploie chaque semaine de nombreuses troupes dans le village.

The Israeli Army invades a village in the north of the West Bank, impose a curfew and proceed to make mass arrests

 It’s the 18th of February, 2009, four o’clock in the morning. I’ve just come home. There’s nothing that one can do except to describe what’s going on here. I’m in Jayyous, a village of 4,000 inhabitants in the north of the West Bank. The Israeli Army has invaded the village, arrested 15 people, most of them minors. My neighbour called to warn me – he’s aware of everything because he’s on the roof of his house, observing what’s going on. Like all the inhabitants of Jayyous, he doesn’t sleep any more at night – too fearful that the soldiers should enter his house at night to arrest him. I went out into the street with my colleague. There were 6 jeeps, more than 20 soldiers. They threw sonic bombs. They entered houses in the neighbourhood and came out with young boys whom they had blindfolded. They made them kneel down on the ground, their faces turned to the wall. Then they led them into their armoured jeeps. The soldiers refused to tell us where they were taking them. They refused to let us enter the houses. We were trying to take photos but when they pointed their rifles at us and told us to go back, we left. I noted the numbers of the jeeps, called up some NGO’s. It’s useless, they too are powerless. I hear the loud-speakers announcing the curfew in Arabic. Waleed calls me, six new jeeps have just entered the village, they continue to enter houses, to arrest villagers. There is also an Army ambulance on the scene but we do not know what has happened. It’s sunrise, the sound of the call to prayer gets jumbled up with the loud-speakers announcing the curfew. When I asked Waleed what I could do, he said, “Bear witness, tell the world what is happening here.”

It’s seven o’clock in the morning. They have arrested 23 people by now. The soldiers enter all the houses and photograph the inhabitants with their identity cards. They map the interior of the houses. The soldiers occupy the communal building of the village. It seems that they have been using a new strategy in the last few days. They have already used these procedures in several villages in the West Bank. It is really horrifying to observe at such close quarters how the ignoble machinery of the occupation works.

 

8 AM: People who live near the school say that the detainees were taken into the school. With my colleague we are going to try to go and see what is happening.

10 AM: We were able to access the entrance of the school building. I count 9 army jeeps, 2 of the huge Hummer jeeps and 2 police jeeps but more jeeps are still arriving. I cannot count the soldiers, they are too many. Soldiers arrive by foot with young men handcuffed and blindfolded. A soldier explains to me they are interrogating them inside the school. The soldiers are asking us to go home, declaring that this is a closed military zone. We ask to see the document from the police showing that this is a closed zone; we have the right to ask for it and they know it. A soldier calls the police for us who confiscates our passports. We are starting to worry about getting arrested as well. We stand there for about an hour waiting for our passports tobe returned. During that time we see about 20 youth arriving escorted by soldiers. We also see jeeps leaving with detainees. We cannot obtain any information about the location to which they are being taken. Finally the police arrive and show us a document in Hebrew; it is dated the 18th of February, which is all we can tell. Considering the fact that they allow us to photograph it, it is probably authentic. This time when they ask us to go home we do not discuss any further and we leave. At least 40 people are now detained, probably many more in fact but it is difficult to evaluate.

18 PM: The village is still under a curfew. The jeeps are driving around, the loudspeakers announcing in Arabic that the curfew is still on. We see the bulldozers coming up our street. People say that the school building is now empty, some detainees were released, others were taken to Israel, to locations kept unknown.

20 PM: We see our neighbours going out into the street, the curfew is off but only until 22 PM. After that it is going to be on all night again. Last night in one part of the village the soldiers have entered systematically every house, arresting all their inhabitants. We are worried that they are going to continue their dirty work tonight and invade the houses in our neighbourhood. Our neighbours are exhausted; no one has slept since last week.

It is Thursday morning, 9 AM, everybody was awaiting the return of the soldiers with anxiety but it seems that they have left the village. The roads are opened again. Then why did they announce that the curfew would be on all night? Maybe only to prevent the inhabitants of Jayyous to sleep this night again, to remind them they are living under an occupation and that that could mean that they have to go to sleep each night with the threat of a new invasion. It is not even like we are relieved that they are gone, it is just a little rest until next time. And the rest is not going to last long, tomorrow is already Friday and, to repress the demonstrations against the separation wall that take place every Friday, the Israeli army deploys many troops in the village.


Doux rêves: 11.02-14-02

February 24, 2009

 

Lina, observatrice Norvégienne frappée par un soldatQuand je suis rentrée chez moi dimanche à trois heures du matin après avoir passé la moitié de la nuit sur le toit de la maison de mes voisins j’ai souhaité une bonne nuit à ma voisine Maii. Elle m’a répondu en arabe « Amdoulila » qui se traduit par « si Dieu le veut ». C’est également une réponse bien utile à toute sorte de questions quand on habite à Jayyous.

 

Mercredi alors qu’on rentrait au village en Taxi mon ami Noor m’a appelée pour nous prévenir que l’armée avait envahit le village et déclaré un couvre-feu. Quand je l’ai annoncé a Line, ma coéquipière sa réaction à été de demander au chauffeur de Taxi de s’arrêter devant un magasin. « S’il y a un couvre-feu il nous faut du pain ! ». ça fait maintenant deux semaines qu’on habites à Jayyous et Line commence à avoir des reflexes de survie en temps d’occupation ! On a de la chance, comme notre maison est tout à l’entrée du village on a pu rentrer manger notre pain, avec du houmous. Je suis allée me coucher en pensant que le lendemain matin j’irai au village pour savoir si quelqu’un a été arrêté, si les soldats sont entrés dans les maisons.

Le vendredi c’est différent parce qu’on sait à l’avance que les soldats Israéliens vont entrer dans le village. Parce que tous les vendredis a Jayyous, on manifeste contre le mur de l’apartheid. Alors la surprise n’est pas de savoir si ils seront la ou pas mais plutôt de savoir combien ils seront et si ils vont essayer d’envahir des maisons. Environ une heure avant le début on était sur les toit d’une maison depuis laquelle on a une bonne vue sur le portail par lequel les soldats entrent dans le village. J’ai compté 9 jeeps, ça fait une trentaine de soldats. Quelques minutes plus tard ils envahissaient la maison. Le père de famille était bien décidé a rester assis sur le pas de sa porte et de bloquer leur chemin. On était une dizaine d’internationaux, on a essayé de le soutenir, une norvégienne à été blessé a la tête, un soldat l’a frappée avec son fusil. On a du appeler l’ambulance parce qu’elle saignait beaucoup. L’ambulance était la en 2 minutes, les vendredis il y a toujours une ambulance dans le village qui est prête à intervenir. Ça à quand même pris un moment avant qu’ils ne puissent entrer et se positionner en snippers sur le toit. C’est a ce moment la que le père à fait un malaise, les ambulanciers l’ont évacué.

Ce soir là je me suis endormie assez vite, la fatigue ayant surpassé l’angoisse des nouvelles du lendemain matin.

Les nouvelles du samedi matin : La Norvégienne blessée à la tête va bien, le père de famille aussi mais un jeune garçon s’est fait tirer dessus, il est blessé à la jambe, il est à l’hôpital de Qalqilya.

Mon téléphone sonne, ici quand le téléphone sonne c’est pas souvent un bon présage… C’est Abdallah qui voulais m’informer que l’armée à envahit le village d’Izbat at Tabib hier soir. Ils ont fait sortir tous les hommes et les ont rassemblés sur la place du village, les menaçant d’évacuer les femmes aussi et de les frapper la prochaine fois s’ils ne font rien pour empêcher les jeunes de jeter des pierres sur leurs jeeps. Pendant ce temps les soldats sont entrés dans toutes les maisons, terrorisant les femmes et les enfants. On va rendre visite au maire du village qui nous raconte ce qui s’est passé, on collecte les détails, on va écrire un rapport, c’est la seule chose qu’on puisse faire.

En rentrant je me souviens que Mathieu mon ancien colloc à copié plein de trucs sur mon disque dur externe avant que je quitte la Suisse, il a insisté en disant que j’aurai surement besoin de me changer les idées… « Deux jours à tuer », « Alien vs predator », « Scareface » …hum… je crois que j’ai besoin de quelque chose d’un peu plus haut en couleurs. «Talons aiguilles » d’Almodovar !!! Merci Mathieu, c’est exactement ça qu’il me fallait, passer une heure et demi la tête à Madrid, ses travestis, ses paillettes ! Il est passé minuit quand un coup de téléphone me ramène brusquement à Jayyous, son mur, ses soldats. Plus de 10 jeeps ont envahit le village, ils sont au centre du village, prennent des photos de l’école. Mon voisin Noor m’appelle pour me dire d’être prudente, moi j’ai trop peur pour lui. Quelques semaines plus tôt les soldats sont entrés dans sa maison. Ils l’ont entrainé vers leurs jeeps, l’accusant d’avoir jeté des pierres sur eux. Toute sa famille est sortie, essayant d’expliquer aux soldats qu’ils se trompaient de personne, ils se sont tous agrippés à lui et ont réussi à le sauver des mains des soldats. La sœur de Noor et sa mère ont trop peur, elles sont sur le toit de la maison pour voir ce qui se passe, ça les rassure si je viens chez eux. Ça fait une personne de plus et surtout le comportement des soldats est différents quand des internationaux sont présents. Je sors prudemment et cours jusque chez eux. Tous les Jayyousis sont sur le toit de leur maison, on à peur qu’ils soient venus arrêter quelqu’un, ou que comme c’est déjà arrivé dans le passéOday sur le toit de sa maison, regardant les soldats lancer des bombes lacrymogènes qu’ils obligent tous les hommes à se rendre dans l’école et qu’ils entrent dans les maisons. Vers trois heure du matin les jeeps quittent finalement le village, apparemment ils étaient là uniquement pour préparer une opération à venir. Je rentre chez moi en souhaitant une bonne nuit à Maii, Amdoulila. A Jayyous on s’endort dans l’angoisse de la prochaine fois ou les soldats vont envahir le village.


Entre le paradis et l’enfer / Between heaven and hell

February 7, 2009

english text below

Je suis encore à moitié endormie, il est 5h du matin et je desceJayyousnds la colline depuis mon village. Je marche au milieu des oliviers, le ciel est criblé d’étoiles, on entend l’appel a la prière venant des villages alentours. J’avoue que toute cette beauté ça me trouble un peu, j’aimerais bien avoir 15 ans, être sortie de ma chambre par la fenêtre et retrouver mon amoureux assis au pied d’un olivier.

Mes pensées trop kitsch disparaissent 30 minutes plus tard quand on arrive devant les fils barbelés. On arrive au portail de Falamyia. Bonne nouvelle, les soldats sont déjà là, le portail va être ouvert à l’heure. Les villageois les plus matinaux arrivent, les gens sont souriants, ils me parlent en arabe et moi je ne comprends rien, je répète les trois seules phrases que je connais. Ils passent par un tourniquet, 1 par un, puis quand la lumière verte s’allume ils entrent dans un cabanon pour le contrôle de sécurité. Un vieux arrive, je tiens son âne pour lui le temps qu’il passe à son tour dans le cabanon. 22 hommes, 14 femmes, 6 ânes, 3 tracteurs, 1 cheval et 7 vélos. Je coche dans mon carnet, on fait des statistiques puis on les envoie a l’ONU.

Il est 7 heures, je remonte la colline, je prends quelques photos du village, sur certaines on voit les fils barbelés tout à droite, sur d’autres pas. C’est le contraste, la beauté du paysage qui rend les fils barbelés encore plus ignobles. J’ai l’impression d’être Alice au pays des merveilles, j’évolue dans un environnement ou règnent la folie et l’absurde, ma logique me fait défaut, les règles dont j’ai l’habitude ne s’appliquent pas ici. Ici il y a des soldats qui pointent leurs armes sur des vieux qui chevauchent des ânes.Falamiya gate

Between heaven and hell

I am still half asleep, it’s 5 o’clock in the morning and I’m on the slope leading down from my village. I walk through groves of olive trees, the sky is studded with stars, the call to the morning prayer filters through from the surrounding villages. I admit that I find all this beauty a little troubling – what I’d really like is to be 15 years old, to have sneaked out of my room by the window to be with my love sitting under an olive tree.

Thirty minutes later, standing next to the barbed wire, my schmaltzy musings have disappeared completely. We reach the Falamiya gate. The good news is that the soldiers are already there which means that the gate will open on time. The earliest risers among the villagers arrive, they are smiling, they talk to me in Arabic and I, not understanding anything, repeat the only three phrases that I know. They pass through a turnstile, one by one, then when the green light goes on, they enter a cabin for the security check. An old man arrives, I hold his donkey for him while he takes his turn in the cabin. 22 men, 14 women, 6 donkeys, 3 tractors, 1 horse and 7 bicycles. I shut my notebook – we send our statistics to the UNO.

It’s 7 o’clock, I head back up the hill, take a few photos of the village, in some, one can see the barbed wire on the right, but not on others. It’s the contrast, the beauty of the countryside that renders the barbed wire even more ignoble. I feel as if I were Alice in Wonderland – I interact with an environment ruled by folly, by the absurd, my logic fails me, the rules that I am used to do not apply here. Here, there are soldiers who aim their guns at old men on donkeys.

translated from french by Amanullah Kariapper. merci ;)


Everyday life under the occupation

February 5, 2009

The "fence"

Most of the land of Jayyous is in the seam zone, a no man’s land between the green line and the “fence”. In order to cultivate their land the farmers of Jayyous have to cross this “fence” everyday through one of the two “agricultural gates”. The “fence” consists of barbwires, then a space of 60 meters including another fence and a road through which the soldiers arrive with their jeep, and then another line of barbwires.

The south gate is open from 8 till 8:15, 14:10 till 14:25 and 17:00 till 17:45 everyday. Usually two soldiers and a commander are in charge of opening the gate. Sometimes one or two other soldiers are standing backwards in small snipers’ sheds pointing their guns at the people passing through.

Monitoring the two agricultural gates in Jayyous is part of our job, though it is not really sexy. It consists of standing nearby and make sure the soldiers sees you and noticed you’re internationals and that you have a camera. Unfortunately we cannot be there at all times and we usually monitor the gates in the morning only.

Yesterday I was drinking tea with my team mate at our neighbours’ place when I received a phone call from a young guy saying that his father was trapped outside the gate. The gate should have been opened at 17:00 but the soldiers did not show up at all. I went down to the gate and after making several phone calls eventually the soldiers came and opened the gate. It was 19:00 when the old farmer and his sheep were allowed in. This old farmer has several sons but none of them have a permit that would allow them to go and cultivate the land with him. It is very often the case that in a family only the old men or the women have a permit, the young people are considered potential terrorists. gate


Feel the holiness

February 5, 2009

 

The apartheid wall near JerusalemI have been in Jerusalem for a week now, participating in a training for human rights observers. Walking around the city was so nice, seeing the diversity of the people coming and going; the Imams, the Rabbis, the Bishops and the Armenian Priests with their peaked huts. The Christians wear all kinds of costumes that we never see in Europe. It’s such a spiritual place; the old city seems so peaceful. But then, walking in the Muslim quarter you notice theses Jewish flags floating on the ruffs of the houses, reminding you of the occupation, reminding you that all theses different people do not live in peace with each others. Suddenly this mildness in the air becomes suffocating, I feel guilty to feel good.

I understand now, how so many people can come to Jerusalem to see the holy places, spend one or two weeks here without knowing anything about the occupation. Most of the pilgrims will only see what they came here to see. Why would their eyes remain blind in the face of injustices?

When we asked her about her commitment in peace activism, an Israeli women told us “once you have see an injustice you cannot unsee it”. True. And it is a heavy responsibility that you have to carry then.

Maybe I am jealous, maybe I envy those who do not see the ugliness, who live in a world where Imams and Rabbis walk together in Jerusalem. I have not been to the Israeli tourist information center but I hear its them amongst others who they are those who provide the tourists with these glasses through which one sees walls in pink.


Vocabulary of the occupation

February 2, 2009

In Palestine, some common words have a different meaning.

  • The wall is not the best album of Pink Floyd, neither the place where all your friends post stupid messages for you on facebook. The wall is an apartheid wall, used to separate, segregate two different groups of people.
  • A settlement is not a community settled in a locality but a colony. The settler’s roads are not the roads used to drive to the settlements but the apartheid roads that only the colonists are allowed to use. As the traffic sign “Arabs not allowed on this road” would not be nice pictured in a newspaper theses roads are not labeled as such. But a Palestinian caught driving on one of theses roads can be jailed.
  • There is no Israeli-Palestinian conflict but an Israeli occupation of the Palestinians territories.


Follow

Get every new post delivered to your Inbox.